Graffi Rathamohan

CEO PNY
Écrit par Jean-Marc Morawski – 18 Novembre 2025

Diplômée d’HEC, c’est depuis les fourneaux d’un petit restaurant parisien que se dessine l’avenir de Graffi, cofondatrice de PNY. Engagée depuis 2012 aux côtés de son associé Rudi, elle incarne un leadership fondé sur la confiance, l’action et la transmission.

En treize ans, PNY, élu meilleur burger de la capitale, est passée d’une cuisine à un réseau de treize restaurants en France, employant plus de 200 personnes. Une croissance maîtrisée, guidée par une quête de sens autant que par celle de la performance.


Graffi Rathamohan et Jean-Marc Morawski.

Quelle est ton approche du leadership ?

GR : Après treize ans d’aventure, je veux concrétiser une vision simple : bâtir une entreprise où les gens ont envie de venir travailler. Le leadership, c’est de créer un environnement où la confiance est une pratique quotidienne, pas un discours. Chacun doit se sentir respecté et responsable. Ce n’est pas une tension, mais une alchimie à créer. Nos collaborateurs disposent d’une réelle autonomie pour que chaque restaurant respecte le niveau d’exigence que nous nous sommes fixés en termes de qualité : pain frais du jour, viande maturée et hachée minute… Ces détails sont notre promesse, et elle n’a de valeur que si ceux qui la portent se sentent reconnus.

« J’écris pour me souvenir que la vie est un jeu dont nous pouvons changer les règles. »
— Graffi Rathamohan

Comment réussir à recruter dans un secteur aussi exigeant ?

GR : Il faut rendre nos métiers attractifs au-delà du salaire. Cela passe par une organisation claire et une transparence radicale : nous avons une grille salariale créée sur des critères objectifs. La formation est tout aussi essentielle : serveur, cuisinier ou directeur, chacun accède à des parcours spécifiques. En matière de fidélisation, notre force est la vision à long terme : devenir culte plutôt que gros avec l’ouverture d’un restaurant tous les douze à dix-huit mois, pas davantage, pour bien recruter, former, promouvoir et enraciner les valeurs PNY.

Pourquoi termines-tu tes posts par : “PS : j’écris pour me souvenir que la vie est un jeu dont nous pouvons changer les règles.”

GR : Mon père est un stoïcien, et depuis mon enfance, il n’a cessé de me répéter que la vie est éphémère. J'ai appris à ne gaspiller aucune énergie sur ce qui échappe à mon contrôle, et à concentrer toutes mes forces sur le destin que je construis. Ce discours m'a profondément modelée. Si mon père, homme de ménage, immigré Sri-Lankais, à réussi à acheter sa maison et élever ses deux filles, alors moi, enfant du pays qui parle la langue, alors je peux accomplir ce que je veux. Je refuse de me fixer des limites et j'aimerais que chacun s'autorise cette même audace.

Quelles sont tes 3 convictions RH ?

GR : D’abord, la confiance. Ensuite, la formation pour ouvrir des perspectives et renforcer la compréhension de nos métiers. Enfin, le courage managérial : dans la restauration savoir dire non ou se séparer d’une personne appréciée mais qui n’est plus alignée, c’est essentiel.

Merci Graffi !

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