Florence Guéry

HR Director at Association Diocésaine de Paris
Écrit par Jean-Marc Morawski – 16 Décembre 2025

Diplômée en droit et rompue aux fusions-acquisitions, Florence a quitté le secteur privé il y a 6 ans pour relever un défi fort : prendre la direction des ressources humaines de l’Association Diocésaine de Paris.


Jean-Marc Morawski et Florence Guéry.

Qu'est-ce qui vous a amenée à rejoindre l'Église ?

FG : Quand Philippe de Cuverville, ancien économe diocésain m’a approchée, ma première réaction a été : “Je veux bien retravailler avec toi, mais tout sauf l’Église.” J’avais peur de perdre la foi. On parle souvent de la “Sainte Église des pêcheurs” : des hommes et des femmes avec leurs forces, fragilités et enjeux de pouvoir, parfois accentués par des moyens financiers limités. Ce qui m’a convaincue, c’est le besoin de compétences.

« Quand l’Église rencontre le management, l’exigence devient supérieure car nous sommes appelés à faire encore mieux que les entreprises. »
— Florence Guéry

Quelle est votre approche du management ?

FG : À mon arrivée, le mot manager était presque tabou, jugé trop anglophone. J’ai donc repris l’histoire du terme pour le réhabiliter. Au départ, manus, “la main” en latin. Puis vient l’italien médiéval maneggiare, qui signifie “manier, guider, entraîner”. L’anglais a repris le terme avant qu’il ne revienne en français au XXe siècle. Quand on comprend cela, le mot manager devient magnifique : il dit l’essentiel. Prendre par la main, guider, accompagner. Et si l’Église ne peut pas accompagner ses collaborateurs dans leur développement, qui le
fera ?

Vous avez dû gérer un plan social important après l’incendie de Notre-Dame. Que retenez-vous de ce moment ?

FG : Après l’incendie, l’effondrement brutal des recettes nous a obligés à mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi pour la cathédrale. Il a fallu tenir la barre, protéger ce qui pouvait l’être, accompagner sur-mesure chaque personne. L’accompagnement était proposé jusqu’à ce que chacun retrouve un emploi.

Vos défis du moment ?

FG : Le recrutement est un défi constant, avec des salaires moins compétitifs que le reste du marché, il faut choisir la transparence. Pour les candidats dont la motivation est le salaire, ce n'est pas le lieu. Pour ceux qui cherchent du sens, une responsabilité et un engagement fort, l’Église est un terrain unique. Comme nous avançons avec des effectifs resserrés, nous investissons dans la formation, le coaching et des outils afin d'améliorer la qualité du travail.

Quelles sont vos 3 convictions RH ?

FG : D'abord, l’esprit d’équipe. “Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.” Puis, ma plus grande joie, c’est lorsqu’un collaborateur me dit en partant : “Tu m’as fait grandir.” Comme le rappelait Mère Teresa : “Ne laissez jamais personne venir à vous et repartir sans être plus heureux.” Enfin, il y a le courage managérial. Mark Twain l’exprimait parfaitement : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.” Mon mantra est simple : Sky is the limit. Et quand on travaille pour l’Église, cette phrase prend encore plus de sens.

Merci Florence !

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Graffi Rathamohan