Alexandre Dayon
Diplômé de CentraleSupelec, il choisit la voie de l’entrepreneuriat en rejoignant Business Objects puis en créant sa startup, Instranet. Quelques années plus tard, il convainc le CEO de Salesforce de la racheter. C’est ainsi qu’en 2008, il rejoint Marc Benioff en Californie, le début d’un parcours hors normes dans la Silicon Valley où il contribue, pendant plus de 16 ans, à faire de Salesforce le leader mondial du CRM. De retour en France, il enseigne et accompagne startups et grandes entreprises, porté par la vision qu’il s’est forgée entre 2 cultures: la France et les États-Unis.
Quelle est la différence culturelle la plus forte entre la France et les US dans le monde professionnel ?
AD : Avec le prisme de la tech et de la Silicon Valley, je dirais qu’aux US tout est tourné vers la croissance et pour y arriver, on simplifie tout : produit, modèle, organisation. Je citerais 2 exemples chez Salesforce qui montrent que ce n’est pas que du confort mais une vraie stratégie:
- le business plan auquel les 80000 salariés ont contribué et sont alignés tient sur une page
- après chaque lancement, les ingénieurs choisissent leur projet/leur manager : un moyen pour contourner la complexité hiérarchique et pousser chacun à donner le meilleur.
En France, l’excellence opérationnelle prime, parfois au détriment de la vision. Autre point : quand tu entreprends, il y a une méfiance face au changement et à l’innovation y compris au niveau des clients. Aux US, on est convaincu qu’on peut créer le futur, il suffit de le vouloir !
« Think Big »
D’autres points t’ont étonné aux USA ?
AD : Oui. D’abord le « Think Big » : on t’encourage à ne jamais te fixer de limites, à penser comme le CEO même quand tu es Manager, à considérer que tout est possible, etc. Cet optimisme américain est ultra vertueux : il libère les énergies, favorise la créativité, l’audace et le succès. Ensuite, l’échec : aux USA, échouer n’est pas une faute. On pourrait rapprocher la notion d’échec à celle de propriété intellectuelle : on expérimente, on apprend et on avance. Dans certains cas, cela permet de distancer la concurrence.
Quel conseil donnerais-tu à un jeune entrepreneur ?
AD : Il faut oser, viser grand. En technologie il faut se confronter immédiatement a des compétiteurs américains et se mettre à la place des clients. Pour transformer un marché, il faut sortir du cadre et accepter les erreurs comme une étape vers la réussite, pas comme une fin.
Quelles sont tes 3 convictions RH ?
AD : Repenser les organisations: nous entrons dans l’ère post-hiérarchique. Les entreprises doivent s’organiser autour de leur valeur collective et non autour de structures figées. La diversité, pas pour cocher des cases mais pour confronter les points de vue et sortir du consensus confortable. L’IA transformant tout, la notion de talent doit être repensée. Les RH doivent accompagner l’évolution des rôles et faciliter la compréhension de cette mutation.
Merci Alexandre

