Jean-Christophe Combe

Ministre des Solidarités, Directeur général de la Croix-Rouge française, membre du Comité exécutif du groupe Keolis
Écrit par Jean-Marc Morawski – 24 Février 2026

Ministre des Solidarités, Directeur général de la Croix-Rouge française ou encore membre du Comité exécutif du groupe Keolis, Jean-Christophe Combe a traversé des organisations complexes sous forte pression.


Jean-Marc Morawski et Jean-Christophe Combe.

Ton parcours t’a exposé à des organisations très différentes, publiques et privées. Comment ces expériences ont-elles forgé ton approche du management ?

JCC : J’ai appris que les organisations ont beaucoup plus à gagner à s’inspirer les unes des autres qu’à se regarder en opposition. J’ai souvent cherché à faire entrer le meilleur des pratiques issues de l’entreprise dans des environnements de l’économie sociale et solidaire : la rigueur, la clarté des responsabilités, la culture du résultat, les bons outils. Et inversement en entreprise, avec l’importance de donner du sens au travail ou de favoriser l’engagement collectif. Créer des passerelles est extrêmement fécond.

« Pas de redistribution sans production de richesses. »
— Jean-Christophe Combe

Comment, selon toi, concilier exigence de résultats et attention aux équipes ?

JCC : Quel que soit le modèle organisationnel, les collaborateurs acceptent un contrat. Ce qui me heurte le plus, c’est le décalage entre les valeurs affichées et celles qui sont réellement appliquées en interne dans les organisations. La cohérence entre le discours et les pratiques de management est pour moi le meilleur booster de l’engagement.

L'ESS doit-elle assumer une exigence de rentabilité pour survivre ?

JCC : Oui, clairement. Une organisation qui n'est pas viable économiquement ne peut pas remplir sa mission. C’est aussi vrai pour les entreprises de l’ESS. La performance doit être globale : sociale, environnementale et économique. Ce triptyque est indissociable. Un secteur qui refuse d'assumer cette réalité se fragilise lui-même. Ce n'est pas une trahison de la mission, c'est sa condition.

Qu’est ce qui t’a étonné dans les entreprises de l’ESS ?


JCC : On pourrait penser qu'il y a un meilleur équilibre vie pro-vie perso dans l’ESS, mais ce n'est pas forcément le secteur le plus exemplaire. C'est tellement engageant au niveau personnel, qu'il peut y avoir des excès. Or, il est possible d’obtenir énormément de performances sans pressuriser. C'est la main de fer dans un gant de velours.

Quelles sont tes 3 convictions RH ?

JCC : D’abord, la diversité des parcours et des regards : il faut ouvrir les fenêtres, éviter l’entre-soi managérial, accueillir la vulnérabilité. C’est ce qui oxygène les collectifs et renforce la performance. Ensuite, des chaînes de commandement courtes, avec un pouvoir donné aux acteurs de terrain : l’engagement naît quand les équipes disposent de marges de manœuvre réelles et de responsabilités claires. Enfin, une exigence absolue de cohérence : le décalage
entre ce que l’on dit et ce que l’on fait détruit la confiance. La performance n’a de sens que si elle s’exerce avec rigueur, intelligence humaine et intelligence de situation.

Merci Jean-Christophe !

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Emmanuelle Duez